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AUPL Port de Locmiquélic

Installation à bord GSM, Radar, AIS, VHF

 GSM, Radar, AIS, VHF  … Tous nos équipements de bord exploitent des bandes de fréquence radio qu'il est habile de connaître pour éviter les interférences entre les équipements, que ce soit en direct ou par harmoniques.

Auteur Olivier Tourchon revue Bateaux

 

Nous utilisons de plus en plus d'équipements à bord qui fonctionnent sur des technologies
sans fil. Pour cela, ces appareils communiquent dans l'éther, par ondes radio. Et qui dit ondes
radios dit souvent, parasitage et brouillage, que ce soit en direct par transmodulation (capacité
d'un récepteur de capter une émission proche réalisée sur une autre fréquence que sa
fréquence de travail) ou par harmoniques (présence résiduelle de l'onde radio aux multiples de
la fréquence de travail initial).

La bonne antenne, au bon endroit
Antenne VHF installée en tête de mat
Pour commencer, parlons de longueur d'onde. Dans le principe, l'élément rayonnant (c'est-àdire
celui qui va projeter l'onde radio) devrait mesurer une longueur d'onde entière pour, en
théorie, fonctionner au mieux.


Cette longueur d'onde (qu'on appelle Lambda et symbolisée par ƛ) se calcule par la formule
mathématique suivante :
ƛ = 300 000/Fréquence (Khz)
Ainsi, à une fréquence de 300 Mhz correspond une longueur d'onde d'un mètre. L'antenne
"parfaite" mesurera ainsi un mètre. On comprend ainsi aisément la longueur des antennes
utilisées pour les transmissions décamétriques. À 30 Mhz, l'antenne mesure 10 mètres, 100
mètres à 3 Mhz, 1 kilomètre à 300 Khz et 10 à 300 Hz. Pour parvenir à "émuler" des antennes
fonctionnant à de si basses fréquences, on utilise des selfs et autres artifices électroniques dès
lors que l'encombrement ne permet pas d'installer une antenne onde entière.
Par conséquent dans l'idéal, on évitera d'installer à une distance inférieure à une onde entière
deux antennes qui exploitent les mêmes fréquences. À plus forte raison, si une de ces deux
antennes capte des ondes (en reçoit, un AIS par exemple) et l'autre rayonne (en émet, une VHF
par exemple).
À propos d'endroit, une antenne s'installe le plus haut possible par rapport à la mer, toujours
dans la recherche du compromis longueur de câble / facilité d'accès / efficacité.

Un cable coaxial de qualité limite à la fois la perte d'énergie et la pollution électromagnétique
Les câbles rayonnent eux aussi
Uncoaxial de qualité limite à la fois la perte d'énergie et la pollution électromagnétique
Si l'antenne sert à projeter les ondes électromagnétiques dans l'air, les câbles d'antenne (qui
transportent le signal depuis l'émetteur vers l'antenne), souvent des coaxiaux, possèdent la
fâcheuse tendance à se comporter comme des antennes. D'autant plus s'ils sont de mauvaise
qualité et que, comme c'est le cas sur nos bateaux, le raccordement par la terre (qui crée un
écran limitatif du rayonnement) est impossible. C'est pour cette raison que nous vous
recommandons, autant que possible, d'utiliser la plus grosse section de coaxial possible,
adaptée à l'émetteur et à l'antenne en impédance et d'éviter de passer plusieurs câbles
d'antenne au même endroit ou au moins, dans la même gaine. Plus facile à dire qu'à faire, dans
le mât d'un bateau où tout est mutualisé...


C'est en conséquence pour limiter autant que possible ce rayonnement - l'installation radio est
faite de compromis - que nous vous recommandons de réduire autant que possible la longueur
des connexions entre antenne et émetteur et de respecter, ici aussi, la longueur d'onde et ses
multiples. La longueur idéale d'un câble d'antenne demeurera la même que l'antenne, c'est-àdire
une onde entière. Pareillement à l'antenne, un multiple ou un sous-multiple sont possibles
eux aussi.


Astuce, roulez l'excédent de câble sur lui-même en disposant des bâtons de ferrite à 90° les
uns par rapport aux autres sur le toron ainsi créé. Identifiez, enfin, chaque toron par son usage
pour faciliter la maintenance.

 


Les harmoniques
Lorsqu'un élément vibre (une antenne, une onde sur l'eau ou encore un son), il produit
plusieurs ondes.
La première est fondamentale, elle constitue la fréquence de travail. Centrale, elle est basée
schématiquement sur la fréquence mélangée de vibration du quartz de l'émetteur.
Les autres sont des harmoniques. Ils existent empiriquement au double de la fondamentale à
la moitié de la puissance initiale. Leur puissance (amplitude) est divisée par deux une
nouvelle fois au double du premier harmonique (quadruple de la fondamentale). Cette
présence se renouvelle à chaque fois, aussi longtemps que le signal résiduel est inférieur au
bruit de fond.
Cette approche est extrêmement empirique. La formule exacte de calcul de l'amplitude de
l'harmonique est f(t) = sin (1wt) + sin (2wt) + sin (3wt) + sin (Nwt)
C'est en expérimentant ce phénomène d'harmoniques qu'on comprend notamment que, sur un
bateau, en émettant un message par VHF (150 Mhz), on puisse perturber la réception de la
télévision TNT (600 Mhz).
Dans la mesure du possible, nous vous recommandons d'éviter d'exploiter des appareils situés
en harmoniques les uns par rapport aux autres. Ici encore, bien évident à écrire, nettement
moins à appliquer, lorsqu'on ne sélectionne pas sa fréquence de travail. La seule précaution
imaginable est d'éloigner autant que possible les antennes de chaque paire
"fondamentale/harmonique".


Le circuit électrique
Nos circuits électriques de bord sont les acteurs involontaires suivants dans la qualité de nos
installations radio. Ils transportent, eux aussi, une quantité d'ondes électromagnétiques qui,
lorsqu'elles se mélangent, peuvent venir perturber le fonctionnement efficace de nos
installations.

La ferrite
pour limiter les perturbations par l'alimentation
Pour pallier cet inconvénient, une solution commune consiste à enrouler le cordon
d'alimentation sur un bâton de ferrite.


Clavier, souris et oreillettes, sources de perturbations

les périphériques sans fil sont de fort perturbateurs électromagnétiques
Certains équipements que nous exploitons à bord sont, de fait, des émetteurs que nous
ignorons. Au registre de ces équipements se situent les MOB-AIS d'une part (qui exploitent
une fréquence de 160 MHz). Rarement en fonction - souhaitons qu'ils ne le soient en aucun
cas - ils ne représentent pas une gêne à la gestion radioélectrique du bord.
Autre famille d'émetteurs invisibles, les claviers, souris, oreillettes et autres périphériques
Bluetooth sans fil. Ils travaillent sur une fréquence centimétrique (2 500 MHz). Il est
naturellement inimaginable de les isoler ou de changer le câble de leurs antennes, aussi la
solution est-elle de s'en passer autant que possible. Autre avantage à ne pas en disposer à
bord, un clavier ou une souris, raccordée par son cordon USB sera bien moins enclin à tomber
au sol que laissé libre de ses mouvements.


Penser avant d'installer
S'il n'y a pas de secret absolu pour optimiser son installation radioélectrique de bord, c'est en
cumulant les précautions (câbles de qualité en bonne longueur, écartement des antennes,
absence de Bluetooth …) que vous obtiendrez la meilleure installation possible et exploitez,
avec le minimum d'interférences électromagnétiques le matériel de communication de votre
bateau


UPPM revue de presse

 

 

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